Enotria The Last Song
La dernière chanson. Un titre en soi évocateur, des mots qui évoquent la mélancolie et un sentiment de clôture au fort impact narratif. Pourtant Enotria: The last song, jeu d’action aux évidentes connotations soulslike qui verra le jour sur nos écrans vidéoludiques le 19 septembre 2024, représente le début d’une aventure au parfum épique et plus intrigant que jamais, que vous pourrez également savourer sur PlayStation 5. Développé par Jyamma Games, studio de développement dont le nom ne doit pas nous induire en erreur, car derrière lui se tiennent des professionnels italiens qui ont fondé l’entreprise en se présentant d’abord comme indépendants et qui, avec Enotria, sont sur le point d’effectuer le fameux grand saut, après quelques jeux mobiles et des productions intéressantes au gameplay qui fait un clin d’œil au monde arcade de manière innovante. Enotria: The last song nous emmène dans les coulisses d’un monde vu comme un immense spectacle théâtral (pas seulement au sens métaphorique) dans lequel les acteurs restent piégés, prisonniers dans les replis de papier du Canovaccio, le canevas où l’on retrouve habituellement répliques, dialogues et gestes que les acteurs doivent réciter pour entrer dans les personnages qu’ils incarnent : dans ce cas, c’est la main malveillante qui s’abat sur nous, nous contraignant à une immobilité perpétuelle qui ne peut être vaincue que par notre alter ego, le Sans-Masque. Quelques lignes de scénario suffisent pour nous montrer tout le potentiel du jeu et sa puissante force narrative, dense de significations profondes et qui fait un clin d’œil à la société moderne, avec des références métaphoriques au monde contemporain dans lequel nous vivons et qui, bon gré mal gré, nous retient tous dans une prison qui n’a pas de barreaux, mais des écrans et des likes. Au-delà des considérations philosophiques, Enotria s’impose avec force comme une bouffée d’air frais, un univers original et intéressant, des personnages mystérieux au design séduisant et une durée de vie satisfaisante. Unreal Engine 5 constitue en soi une valeur ajoutée pour le développement de macro-niveaux en monde ouvert (au final, l’open world, c’est cela : un immense décor fragmenté en plusieurs zones déverrouillables de manière procédurale), toutefois ce qui suscite l’intérêt, surtout pour l’auteur de ces lignes au moment où il écrit, c’est la présence d’éléments de type jeu de rôle grâce auxquels nous pourrons customiser le personnage principal mais aussi avoir des répercussions sur le gameplay. De fait, cela garantit de la variété et des stimulations supplémentaires à la prise en main. Le passage d’un produit franchement indie à un titre de série A, objectif qu’Enotria se fixe ouvertement, n’est pas exempt de tous ces « petits plus » qui doivent nécessairement être intégrés : voici donc une grande variété de masques que le protagoniste pourra enfiler, augmentant ainsi l’éventail de pouvoirs dont il pourra disposer pour affronter les nombreux ennemis, et variés, qu’il rencontrera tout au long de son périlleux chemin (l’influence de la scène théâtrale me prend la main) ! La bande-annonce visionnée met en scène une réalisation graphique grandiose, regorgeant de détails qui, j’en suis certain, feront la différence au moment de faire le bilan du jeu. Des environnements gothiques et des châteaux en ruine perdus au milieu de vestiges au parfum décadent alternent avec des arènes ouvertes, avec le sable qui danse sous les bottes des combattants engagés dans des affrontements au corps à corps particulièrement tonitruants, sans faire disparaître cette composante stratégique dans l’approche des duels, clairement issue de l’école rpg, du moins dans l’intention de Jyamma Games. Bref, Enotria: The last song se dresse à l’horizon avec la stature nécessaire pour jouer des coudes et se frayer un chemin dans la foule, et l’expérience de développeurs italiens prometteurs, capables d’insuffler quelque chose de nouveau sur le devant de la scène des jeux vidéo soulslike disponibles sur les consoles de nouvelle génération, laisse bon espoir. Enfilons le Masque et montons sur scène, le spectacle va commencer.
par Simon Larocca