Plus d'une fois, nous vous avons parlé de combien le jeu vidéo, entendu comme média interactif et moyen d’expression à 360 degrés, peut potentiellement apporter des bénéfices et des améliorations dans la vie de chacun d’entre nous, s’il est utilisé selon des critères sains et conscients.
Esattamente comme tout autre outil technologique inventé par l’homme, de la roue hors des cavernes jusqu’au plus récent et avant-gardiste des casques de réalité virtuelle. Le discours sur l’empathie dans les jeux vidéo et grâce à eux ne peut que commencer par la dernière innovation en matière de connexion neurophysique entre avatar et utilisateur.
Chaque expérience vidéoludique nous met dans la peau de quelqu’un d’autre (ou de quelque chose d’autre), nous garantissant le droit et le devoir de vivre le jeu d’une manière complètement différente de nous-mêmes et du quotidien qui nous entoure, qui fait partie de notre vécu.
Des expériences situées dans d’autres mondes, bien que fictifs, avec leurs propres règles de coexistence et structures socioculturelles favorisent la conscience de soi en relation avec l’autre, créant ainsi des liens empathiques et améliorant la perception des conditions de vie d’autrui.
Empathie. Qu’est-ce que c’est ? Le dictionnaire vient à notre secours en définissant l’empathie comme la capacité de se mettre à la place d’une autre personne. Une définition qui cache un monde de significations, capable de défier ouvertement les paradigmes du passé.
Pensons à Life is Strange, qui nous permet de vivre un fragment de la vie d’une adolescente de seize ans dotée de pouvoirs extraordinaires : à travers Max et ses sensations, nous sommes en mesure de (re)vivre la période du lycée, avec toutes ses problématiques et ses petits et grands traumatismes. En parcourant l’intrigue principale, nous découvrirons des vérités tragiques et des horizons surnaturels, mais les émotions puissantes que vit la protagoniste nous atteignent, nous nous connectons à elle en découvrant à quel point il est difficile de choisir de nous venger ou non de la harceleuse de l’école, de rendre un baiser volé par la meilleure amie ou de sacrifier des sentiments naissants pour préserver la tranquillité. Jouer aux jeux vidéo comme moyen de mieux comprendre le monde et, en même temps, comme acte de rébellion dans une société pas toujours ouverte à la compréhension des minorités de toute sorte, des parias aux marginalisés.
E ce n’est pas tout : pensons aux enfants.
Con un contrôle rationnel et éducatif, le jeu vidéo peut les aider à développer des principes fondamentaux d’empathie qui risquent de se perdre dans le marasme qu’une société hyperkinétique comme la nôtre leur jette dessus, sans filtre. Personnellement, je crois qu’il est essentiel de posséder une empreinte empathique qui aille au-delà de l’identification superficielle des émotions d’autrui.
En termes simples, il ne suffit pas que nous prenions conscience du fait que les personnes souffrent, mais en établissant un lien d’empathie suffisamment fort, nous pourrons prendre en charge tout cela, le comprendre vraiment et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour annuler les conditions permettant que cela se reproduise à nouveau.
Vivre dans la peau de quelqu'un d'autre, vous vous souvenez ?
Ora pensez à des titres modernes comme Split Fiction, où il est nécessaire de se coordonner avec notre partenaire de jeu et de développer un véritable gameplay symbiotique pour pouvoir avancer dans l’aventure, ou encore Heavy Rain, dans lequel, dans la peau d’un père désespéré, nous devrons retrouver notre fils enlevé par un tueur en série. Je vous assure que le cœur qui bat à tout rompre que l’on ressent lorsque nous rassemblons des indices sans savoir si et quand nous retrouverons, vivant ou mort, le sang de notre sang, est quelque chose de palpitant, qui vous fera trembler, littéralement.
En nous identifiant à nos héros et héroïnes, en empathisant avec leurs épreuves, les tragédies mais aussi les joies de leur existence de pixels, nous serons capables de percevoir la réalité dans laquelle nous vivons avec un regard que nous ne soupçonnions peut-être pas posséder.