La nuit étoilée se dispute la domination du ciel avec la lune, jamais aussi haute et lumineuse. Sur les falaises à l’abri du village japonais où tu es né, tu te prépares à dégainer la katana, conscient que ton adversaire n’est pas un samouraï ordinaire, mais Haohmaru, le plus grand bretteur vivant de ton époque.
Et ce sera un combat à mort.
Pochissimi jeux de combat ont su transmettre l’épopée des duels à l’arme blanche et la classe raffinée d’un système de combat unique en son genre : l’un d’entre eux est Samurai Showdown, chef-d’œuvre Neo Geo produit par SNK et précurseur d’une branche spéciale des jeux de combat, à savoir celle avec l’aide des armes blanches.
Connue au Pays du Soleil Levant sous le nom évocateur de Samurai Spirits, cette saga a débuté dès 1993 et compte aujourd’hui pas moins de six épisodes officiels, auxquels s’ajoutent de nombreux spin-offs et même une version de type RPG.
Après l’énorme succès du premier titre, la suite est sortie l’année immédiatement suivante : 1994 fut une année prolifique dans le domaine vidéoludique, mais pas en ce qui concerne les jeux de combat. Samurai Showdown II fut une véritable manne du ciel, grâce à un gameplay stylé et à la reprise des affrontements exaltants à coups d’estocades, de coups précis et de taillades capables de trancher leurs ennemis en deux (littéralement !).
Siamo au dix-huitième siècle, une époque où tous les territoires japonais ne jouissaient pas de droits, de privilèges et surtout de richesses comme les États centraux : en prenant de nombreuses libertés créatives, les développeurs du jeu ont intégré toute une série de créatures issues du folklore oriental, des terribles oni aux yokai, dessinant ainsi des scénarios surnaturels à côté d’arènes qui semblent tout droit sorties d’un film historique réalisé par Akira Kurosawa.
Il mio primo approccio au titre en question eut lieu dans une salle d’arcade du centre : attiré par le cliquetis des armes et les épaules agitées des deux adversaires debout devant la borne, je me penchai pour assister au duel : plus rien ne fut jamais comme avant. La bande-son du jeu est ce que vous pourrez jamais entendre de plus fascinant, avec ses tambours évocateurs et ses sonates déchirantes recréées grâce au pincement des cordes du shamisen.
E puis il y a les silences. Entre un affrontement et l’autre, nos avatars à l’écran ont tendance à s’observer, et les gamers font de même par mimétisme, comme s’ils étaient envoûtés par la magie intemporelle d’une époque où le cœur transpercé par une lame froide signifiait souvent mourir avec honneur, mourir bien.
Tout cela, c’est Samurai Showdown II, qui, comme toute suite digne de ce nom, peut se vanter d’un roster avec bien plus de guerriers, de combos plus élaborés et spectaculaires, ainsi que d’un scénario tellement captivant qu’il vous donnera envie de finir le jeu avec tous les combattants, afin de voir chaque fin disponible, chacune d’entre elles étant personnalisée et empreinte d’un pathos qui donne des frissons.
Traditionnellement, chaque beat’em up post-Street Fighter obéit à certaines règles non écrites, comme l’intégration parmi les personnages sélectionnables d’un personnage assimilable au Ryu de Capcom et de son pendant moins zen et plus porté sur l’exubérance : Samurai Showdown II ne trahit pas les attentes. Le samouraï errant Haohmaru, en effet, est le ronin par excellence, un Ryu chaotique et bienveillant en quête de justice et de vengeance, aussi habile avec son katana qu’enclin à satisfaire son palais avec quelques gorgées de saké, pendant le combat. De l’autre côté, la nouvelle venue Genjuro Kibagami, puissant guerrier à queue de cheval et tout aussi inarrêtable que le blond Ken.
Alternant des sections de jeu où vous devrez marteler comme des barbares déchaînés le bouton d’attaque pour désarmer l’adversaire et obtenir un avantage au début du combat, à d’autres où il sera nécessaire d’étudier le moment propice pour enfoncer la lame contre l’ennemi et transformer l’ouverture dans sa défense en une victoire écrasante pour vous, Samurai Showdown II se dresse comme un pilier du genre, et si jamais vous deviez me voir jouer avec mon Hattori Hanzo, prenez garde si vous comptez vraiment me défier : l’esprit d’un guerrier brûle pour la victoire !
Une digne suite d’un chef-d’œuvre reconnu, tout a été amélioré et on ne pouvait pas demander mieux
On retrouve presque tous les personnages charismatiques qui ont fait du premier chapitre un incontournable, avec des sprites et des mouvements en phase avec le style de combat adopté
Arènes uniques en leur genre, des atmosphères qui vous plongeront dans un Japon violent et fascinant
Le jeu est presque totalement exempt de défauts : peut-être que la direction prise par la série, orientée vers des affrontements réfléchis et tactiques plutôt que vers de frénétiques échanges de coups de pied et de poing sans queue ni tête, ne le rend pas adapté à tout le monde