Quanto j’aimerais l’avoir... Des mots que nous avons tous prononcés au moins une fois dans notre vie et qui, jamais comme en ces jours proches des fêtes, prennent de fortes connotations émotionnelles, tant pour les nostalgiques comme l’auteur de ces lignes que pour ceux qui, avec leur bagage d’enfants à la remorque, s’apprêtent à vivre les fêtes sous le signe des commandes folles sur le léviathan en ligne « amazzonique ».
Ma revenons un instant dans les années quatre-vingt avec la DeLorean, conçue par le curseur à la manière d’Automan de notre machine à voyager dans le temps personnelle appelée esprit : un monde où il n’était pas nécessaire d’avoir une connexion pour profiter des merveilles qui peuplaient nos rêves de nerd les plus interdits, des périphériques de science-fiction qui, rien qu’en les voyant à la télévision, te faisaient déjà te sentir comme un super-héros parmi tes amis de la cour, en savourant d’avance leurs regards admiratifs posés sur toi.
Una, en particulier, devint aussitôt un incontournable pour nous tous : en 1989, le Power Glove fut lancé par Nintendo en collaboration avec Mattel et c’est ainsi que commença l’histoire de l’un des projets les plus ambitieux de la maison de Kyoto et, en même temps, de son impérissable et glorieux échec.
Se vous avez eu une enfance heureuse marquée par des films mémorables, alors vous vous souviendrez de la première apparition officielle du Gant du Pouvoir, comme nous l’appelions, nous les gamins de la cour : “Le petit grand magicien des jeux vidéo”, dans lequel le protagoniste portait justement un Power Glove pour vaincre l’adversaire à Super Mario Bros 3, également présenté en avant-première à cette occasion même.
Fin là tout allait bien, en somme : un lancement en grande pompe à travers la radio, des spots publicitaires qui vantaient la puissance technologique du périphérique estampillé grande N. Pourtant, les spécifications techniques avancées et les promesses d’une manière innovante de jouer indiquées sur la boîte ne correspondaient pas à la mise en pratique effective du matériel en forme de gant, malheureusement. Tout d’abord, l’inconfort d’utilisation s’est révélé être la première grande faille : de nombreux câbles reliés à la console rendaient déjà en soi compliqué le fait de déplacer le gant dans l’espace, sans parler de la criticité la plus importante et qui, à la base, aurait dû être le premier problème à résoudre avant de le mettre sur le marché, à savoir la sensibilité.
Senza entrer trop dans le détail et à l’exception de l’auriculaire, chaque doigt correspondait à un capteur qui en détectait la flexion, transformant de fait le mouvement en une impulsion qui allait faire interagir le membre avec les personnages à l’écran : mais tandis que le héros du film affichait une habileté sans égale avec le Power Glove (imaginez Tony Stark aux prises avec ses armures), nous, pauvres êtres humains, nous retrouvions à nous frustrer fortement devant une réponse des commandes pour le moins approximative.
Pour employer un euphémisme poli, aujourd’hui je la définirais totalement hors synchro, comme un chanteur trap sans autotune et avec l’enrouement.
Eppure le problème en soi ne fut pas la technologie, qui pour l’époque était absolument incroyable, mais l’implémentation dans une machine qui, bien qu’aimée à la folie par nous tous, fans ultra-quarantenaires, présentait ses limites matérielles et le Power Glove, d’un coup de main inconscient, pardonnez le jeu de mots, les mit tous à nu, un par un. Pensez que la plupart des joueurs préférèrent utiliser le joypad de la Nes fidèlement reproduit à hauteur du poignet, ce qui veut tout dire. La légende veut que beaucoup de personnes ambidextres soient devenues gauchères à force de jouer de cette manière inconfortable, mais ce ne sont justement que des légendes, des fables pour les enfants de ces pionniers qui achetèrent le Power Glove en espérant devenir de petits magiciens des jeux vidéo, et qui se retrouvèrent à la place avec un objet destiné à devenir culte, aujourd’hui comme hier. Plus un gant à porter, mais le statut symbolique d’une époque où l’on ne craignait pas de montrer du doigt l’horizon le plus lointain, sans craindre, avec une naïve inconscience, que le capteur puisse ne pas répondre à la forme du rêve.